✹ L’édition d’aujourd’hui d’Intracogito propose des réflexions sur le désir, cette aspiration profonde de l'homme vers quelque chose qui répond à une attente.
Réflexion № 01 :
On ne désire bien souvent pas quelque chose “en soi” mais la version que l’on doit devenir pour obtenir cela.
Intracogito
~ Entre les lignes :
Vouloir trouver la personne de sa vie sous-entend devenir quelqu’un qui mérite cette relation. Vouloir être champion implique de devenir l’athlète que ça demande. Ce qu’on désire, c’est rarement l’objet en lui-même. C’est la transformation qu’il nécessite. Et peut-être que c’est ça, finalement, le vrai désir : non pas la réussite, mais la personne qu’on doit devenir pour y accéder.
Réflexion № 02 :
Fais attention à ce que tu désires : tu pourrais l’obtenir, et découvrir que ce n’était pas ce que tu voulais vraiment.
Naval Ravikant
~ Entre les lignes :
Quelqu’un qui passe sa vie à vouloir devenir riche y arrive parfois. Et découvre que ce qu’il cherchait réellement : la liberté, la sécurité, le respect. Ce n’était pas vraiment dans l’argent. Le désir pointe rarement vers ce qu’on veut vraiment. Il pointe vers ce qu’on croit vouloir. Ce n’est pas une raison pour ne pas le suivre. C’est une raison pour garder l’humilité de se dire que la trajectoire peut dévier.
Réflexion № 03 :
Le désir est toujours désir de l’autre.
René Girard
~ Entre les lignes :
Robinson Crusoé, seul sur son île, n’a pas de désir de statut. Personne à impressionner, personne à dépasser, personne pour valider ce qu’il fait. Le désir n’existe pas sans regard. On ne désire pas dans le vide, on désire parce qu’un autre désire, parce qu’un autre regarde. Enlève l’autre, et la notion de désir s’effondre avec lui.
Réflexion № 04 :
La vie oscille comme un pendule de la souffrance à l’ennui.
Schopenhauer
~ Entre les lignes :
Obtenir ce qu’on voulait éteint le désir et, avec lui, l’élan. L’ennui s’installe. Alors on désire à nouveau, on souffre à nouveau, on obtient à nouveau. Ainsi de suite.
Réflexion № 05 :
Le désir est une bonne porte. C’est en faire une maison qu’il faut éviter.
Intracogito
~ Entre les lignes :
Le désir est un bon moteur. Il pousse à s’entraîner, à travailler, à aller chercher ce qu’on veut. Mais le jour où l’on obtient ce qu’on désirait, si rien de plus profond ne le portait, pas de passion, pas de besoin essentiel, juste l’envie d’avoir : le vide arrive. Le désir est la porte. Il ne remplace pas ce qu’il y a derrière.
