✹ L’édition d’aujourd’hui d’Intracogito propose des réflexions sur l’héritage entendu comme ce que l’on laisse au monde après notre passage.
Réflexion № 01 :
Une civilisation se mesure à ce qu’elle pense devoir à ses morts.
Hannah Arendt
~ Entre les lignes :
Chaque mot qu’on prononce, chaque loi, chaque route a été façonné par des gens qui ne sont plus là. Une société qui se sent redevable envers ses morts (garde ses mémoires, entretient ses cimetières, refuse d’oublier) reconnaît qu’elle n’est pas née d’elle-même. Une société qui, elle, ne pense rien devoir à son passé n’a alors aucune raison de laisser quoi que ce soit aux suivants.
Réflexion № 02 :
Ne détruis jamais une clôture avant d’avoir compris pourquoi elle a été construite. Elle retient peut-être les loups dont tu ignores l’existence.
G. K. Chesterton
~ Entre les lignes :
Faire table rase est un réflexe de jeunesse : s’indigner contre des règles ou des institutions d’un autre temps nourrit l’élan d’innovation. Mais le temps est un bon filtre. À l’image des mythes qui survivent aux empires, ce qui dure a souvent survécu parce qu’il répondait à quelque chose. Durer ne légitime rien mais doit inciter à une forme d’humilité avant de démolir.
Réflexion № 03 :
Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir.
Frantz Fanon
~ Entre les lignes :
Personne ne remet de feuille de route à une génération. Les enfants de l’après-guerre avaient une mission lisible : reconstruire. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus difficile, il n’y a que des tendances, des signaux faibles. Le devoir devient alors de déchiffrer ce flou. Ensuite, on se construit en alignement avec cet héritage, ou bien contre lui.
Réflexion № 04 :
Ce que tu laisses derrière toi n’est pas ce qui est gravé dans le marbre. C’est ce qui est tissé dans la vie des autres.
Périclès
~ Entre les lignes :
Une belle maison, une carrière réussie : tout ça se vend, se partage, s’abîme. Ce qui traverse vraiment le temps est immatériel : un souvenir, un échange, une façon d’aimer qu’on retrouve chez ses enfants. Ces traces se dégradent moins vite. Et elles pèsent lourd : elles transmettent de l’espoir et une énergie particulière.
