✹ L’édition d’aujourd’hui d’Intracogito propose des réflexions sur la lucidité, entendue comme la capacité à voir le réel sans le déformer pour protéger son ego, ses habitudes ou ses croyances.

Réflexion № 01 :

La première règle est de ne pas se mentir à soi-même et l’on est la personne la plus facile à tromper.

Richard Feynman

~ Entre les lignes :

Avant de mentir aux autres, il faut d’abord s’être menti à soi-même, et c’est ce qu’il y a de plus simple. Aucun témoin, aucune contradiction, juste un dialogue intérieur biaisé. Mais c’est aussi ce qu’il y a de plus dangereux : vivre dans le déni, c’est avancer à l’aveugle, et l’aveuglement n’a jamais mené à l’épanouissement.


Réflexion № 02 :

La lucidité consiste parfois à reconnaître que l’on ne possède pas encore les informations nécessaires pour conclure.

Intracogito

~ Entre les lignes :

Il y a une forme d’humilité à accepter ses limites et ses zones d’ombre sans y faire entrer l’ego, plutôt que d’être dans le déni sur ce que l’on sait, ce que l’on veut, qui on est vraiment. Suspendre le jugement n’est pas un manque de courage, c’est une forme de lucidité.


Réflexion № 03 :

Une vie qui n’est pas examinée ne mérite pas d’être vécue.

Socrate

~ Entre les lignes :

Ne jamais se demander qui on veut être, pour qui on veut compter, à quoi on aspire vraiment : c’est vivre une vie générique, qui ignore ce qu’il y a d’unique dans la rencontre entre soi et le monde. Se questionner n’est pas un luxe, c’est ce qui rend l’existence vraiment vivante.


Réflexion № 04 :

La lucidité ne rend pas nécessairement la vie plus légère ; elle empêche seulement de la porter les yeux fermés.

Intracogito

~ Entre les lignes :

Être lucide sur soi, sur les autres, sur le monde, n’allège rien : voir les dynamiques psychologiques ou les dysfonctionnements d’une société peut être un fardeau. Mais rester optimiste en connaissance de cause vaut mieux que l’être par déni, à l’image de « l’imbécile heureux » qui ne voit rien venir.