✹ L’édition d’aujourd’hui d’Intracogito propose des réflexions sur la vérité, entendue comme une connaissance reconnue comme juste, conforme à son objet, et possédant à ce titre une valeur absolue et ultime.

Réflexion № 01 :

Si une opinion contraire à la vôtre vous met en colère, c’est le signe que vous savez, au fond, que vous n’avez aucune bonne raison de penser ce que vous pensez.

Bertrand Russell

~ Entre les lignes :

Si quelqu’un affirme que deux et deux font cinq, ou que l’Islande est sur l’équateur, vous ressentez de la pitié, non de la colère. Les controverses les plus violentes portent toujours sur des sujets pour lesquels il n’existe aucune preuve concluante ni dans un sens ni dans l’autre.


Réflexion № 02 :

Nous avons désormais sombré à un niveau où reformuler l’évidence est devenu le premier devoir des esprits intelligents.

George Orwell

~ Entre les lignes :

Dans un monde où il est plus facile de semer le doute que d’établir la clarté, les mensonges ont aujourd’hui le luxe de tout remettre en question. Devoir prendre la parole pour expliquer que la Terre n’est pas plate empêche de traiter les vrais sujets de fond importants.


Réflexion № 03 :

Si tu veux écrire avec la plus grande sincérité possible, alors tes jours en société sont comptés. Les vérités réelles sont des hérésies. Elles ne se disent pas. Elles se découvrent, se murmurent, parfois se lisent.

Charles Bukowski

~ Entre les lignes :

La vérité est une recherche. Elle demande du recul, de la nuance, et surtout un effort que peu de gens sont prêts à faire. La majorité préfère le confort des idées reçues à l’inconfort du doute.


Réflexion № 04 :

L’ennemi de la vérité n’est pas le mensonge, mais la conviction.

Nietzsche

~ Entre les lignes :

Le mensonge peut être corrigé, mais la conviction aveugle ne doute jamais. Ce n’est pas le menteur, mais le fanatique, qui refuse de voir ce qui contredit sa vérité. Pourquoi ? Parce qu’une conviction est souvent liée à notre identité. Et remettre cela en question, c’est risquer de tout ébranler. Le coût psychique est trop élevé, alors on accroche à des idéologies, même contre l’évidence.