✹ L’édition d’aujourd’hui d’Intracogito propose des réflexions sur la nature humaine, l’ensemble des dispositions, des instincts et des contradictions fondamentales qui caractérisent l’être humain, au croisement de la raison, du désir et du comportement social.
Réflexion № 01 :
Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre.
Pascal
~ Entre les lignes :
La nature a horreur du vide, et l’ennui invite les questions qu’on préfère éviter. Alors on comble par le bruit, le divertissement, le mouvement. Savoir rester immobile, s’introspecter sans fuir permet d’entendre ce qui compte et s’accomplir. L’ennui est la clé de la vie moderne.
Réflexion № 02 :
Pour la paix. Contre la guerre. Qui ne l’est pas ? Mais comment arrêter ceux qui sont prêts à commettre un génocide ?
Reinhold Niebuhr
~ Entre les lignes :
L’histoire prouve que la paix durable est l’exception, pas la règle. La nature humaine porte en elle la violence, et toute société finit par affronter ce dilemme : être faible et se faire écraser, ou employer la force pour survivre. Notre instinct de survie en tant qu’espèce animale ne pousse t-il pas inévitablement vers la seconde option ?
Réflexion № 03 :
On dit souvent que le pouvoir corrompt. Mais il est tout aussi important de comprendre que la faiblesse aussi corrompt. Le pouvoir corrompt quelques-uns, tandis que la faiblesse corrompt la majorité. La haine, la méchanceté, la grossièreté, l’intolérance et la suspicion sont les fautes de la faiblesse.
Eric Hoffer
~ Entre les lignes :
Le faible ne peut pas imposer sa force, alors il utilise la ruse, l’indignation ou le ressentiment pour existesr. C’est le salarié médiocre qui sabote ses collègues compétents pour que leur réussite devienne suspecte, faute de pouvoir les égaler, il les tire vers le ba. C’est une autre forme de corruption, plus subtile, mais tout aussi destructrice.
Réflexion № 04 :
Entre l’idée et l’action, entre l’intention et le geste, il y a l’ombre.
T.S. Eliot
~ Entre les lignes :
Toute la différence se joue dans la traduction de l’intention en acte. L’enfer est pavé de bonnes intentions car le réel tord, use ou retarde l’exécution. Tu veux rassurer, tu blesses. Tu veux aider, tu étouffes. Ce que tu veux faire et ce que tu fais vraiment ne coïncident pas toujours. C’est là que l’ombre s’installe.
