✹ L’édition d’aujourd’hui d’Intracogito propose des réflexions sur la passivité, entendue comme le caractère d'une personne qui n'agit pas ou qui ne réagit pas.
Réflexion № 01 :
Le confort est un piège lent. Il ne fait pas mal sur le moment ; il fait mal sur 30 ans.
Sahil Bloom
~ Entre les lignes :
La crise de la quarantaine. La crise de la cinquantaine. Ce n’est jamais qu’une crise passagère mais la réalisation que le cours de la vie a eu raison des ambitions de la jeunesse. Je voulais faire ça. Devenir ça. Vivre autrement. Le confort ne fait pas mal le jour où on le choisit. Il fait mal trente ans plus tard, quand la dissonance entre la personne qu’on voulait être et celle qu’on est devenue devient impossible à ignorer.
Réflexion № 02 :
La plupart des gens préfèrent un mal connu à un bien incertain. C’est pour ça qu’ils restent passifs.
Machiavel
~ Entre les lignes :
Se lancer dans quelque chose d’incertain, c’est accepter le chaos. Ne pas savoir si “ça marchera”. Ne pas pouvoir promettre de résultat. C’est un poids difficile à porter et c’est exactement pour ça que la majorité choisit la voie prédictible. Le chemin par défaut a l’avantage d’être lisible.
Réflexion № 03 :
Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui le regardent sans rien faire.
Albert Einstein
~ Entre les lignes :
Hannah Arendt l’a compris en observant le procès Eichmann après la seconde guerre mondiale : le mal ne nécessite pas de monstres. Ne pas se rebeller contre un système qui dérive, c’est y adhérer. La passivité n’est pas neutre. Elle choisit toujours un camp. Et l’histoire du XXe siècle est là pour rappeler ce que ce camp peut produire.
Réflexion № 04 :
Il n’y a pas de plus grand échec que de réussir parfaitement à faire ce qu’on n’aurait jamais dû faire.
Peter Drucker
~ Entre les lignes :
On peut réussir au sens où le monde l’entend : la carrière, le statut, le couple qui paraît stable. Et pour autant se sentir étranger à sa propre vie. Quand chaque choix a été fait par défaut, par inertie, par conformisme plutôt que par conviction, le résultat est une existence qui appartient aux autres. C’est le plus grand des échecs : être quelqu’un aux yeux de tous, et personne aux siens.
