✹ L’édition d’aujourd’hui d’Intracogito propose des réflexions sur l’art en tant qu’ensemble de moyens, de procédés conscients par lesquels l'homme tend à une certaine fin, souvent une création esthétique.

Réflexion № 01 :

L’objectif n’est pas de créer de l’art, c’est d’être dans cet état merveilleux qui rend l’art inévitable.

Robert Henri

~ Entre les lignes :

Les meilleurs musiciens parlent de moments où ils ne savent plus vraiment ce qu’ils jouent, où la musique les transcende. Ce n’est pas mystique, c’est la description d’un état. L’art tient donc en parti dans le fait de laisser quelque chose arriver et savoir l’accueillir.


Réflexion № 02 :

L’artiste qui vise le succès se laisse influencer par le public. Généralement un tel artiste n’apporte rien de nouveau, car le public acclame seulement ce qu’il connaît déjà, ce qu’il reconnaît.

André Gide

~ Entre les lignes :

Van Gogh a vendu 1 seul tableau de son vivant. Kafka voulait brûler ses manuscrits. Ce qui les a poussés n’était pas le public, c’était une nécessité intérieure que le succès n’aurait ni créée ni supprimée. Ce qui sort d’une pulsion vraie n’a pas besoin d’approbation pour exister. C’est souvent ça qui traverse le temps.


Réflexion № 03 :

Plus ce monde devient effroyable, plus l’art devient abstrait. »

Ellen Key

~ Entre les lignes :

Ce n’est peut-être pas un hasard si l’art abstrait émerge au XXe siècle, au moment où l’humanité traverse deux guerres mondiales, des génocides, l’angoisse atomique. Quand le réel devient indicible, le figuratif ne suffit plus. L’abstraction devient une tentative de mettre en forme ce que les mots et les images ne peuvent plus contenir.


Réflexion № 04 :

La peinture est une poésie que l’on voit et qu’on n’entend pas; et la poésie est une peinture qu’on entend et qu’on ne voit pas. Ces deux arts, que tu peux appeler poésie ou peinture ont seulement interverti les sens par lesquels ils pénètrent l’intellect.

Léonard de Vinci

~ Entre les lignes :

On débat longtemps de ce qui est ou non de l’art. Mais ce débat passe souvent à côté de la seule question qui compte : est-ce que cela nous touche ? Une toile incompréhensible qui provoque quelque chose, une mélodie sans paroles qui te ramène à un souvenir précis. C’est peut être dans cette résonance que l’art existe.