✹ L’édition d’aujourd’hui d’Intracogito propose des réflexions sur la peur, ce sentiment d'angoisse universelle éprouvé en présence ou à la pensée d'un danger, réel ou supposé.

Réflexion № 01 :

La peur est l’émotion la plus ancienne et la plus forte de l’humanité, et la peur la plus ancienne et la plus forte est la peur de l’inconnu.

H. P. Lovecraft

~ Entre les lignes :

Chaque peur a la même racine : l’incertitude. Peur de se lancer, on ne sait pas si ça marchera. Peur de perdre, on ne sait pas quand. Aller au-devant des choses, c’est apprendre à cohabiter avec ça. Non pas à l’éliminer mais à cesser de la traiter comme une anomalie. L’incertitude, le chaos est une condition normale de la vie.


Réflexion № 02 :

Si la pire chose qui peut t’arriver est l’embarras social, tu es probablement plus libre que tu ne le crois.

Tim Ferriss

~ Entre les lignes :

Le ridicule n’est pas agréable. Mais il dit quelque chose de notre société occidentale : nos peurs ont changé de nature. On n’a plus peur pour sa vie, pour son accès à l’eau, pour la sécurité de ses proches. On a peur de se tromper en public, d’être mal jugé, de rater sa présentation. Parmi toutes les peurs que l’homme a connues dans l’histoire, celle-là est peut-être la plus douce.


Réflexion № 03 :

La peur, c’est de l’excitation sans souffle. Même physiologie, histoire différente.

Robert Heller

~ Entre les lignes :

Un sauteur en parachute ressent peut être en réalité la même chose qu’une personne tétanisée par les hauteurs. La même montée d’adrénaline, le même vertige, la même intensité animale. Ce que l’un appelle terreur, l’autre l’appelle plaisir. L’émotion est identique. C’est le cadre dans lequel on la lit qui diffère. Le regard qu’on pose sur la peut peut parfois changer. Et parfois, c’est suffisant.


Réflexion № 04 :

Celui qui craint la souffrance souffre déjà de ce qu’il craint.

Michel de Montaigne

~ Entre les lignes :

On souffre deux fois : une fois quand on imagine une chose arriver et une fois qu’elle arrive. La première souffrance est inévitable. Passer ses nuits à anticiper une conversation difficile, à rejouer un échec, à projeter des scénarios qui n’arriveront peut-être jamais, c’est de la souffrance réelle dépensée sur du fictif.